Le triple saut

 

Avertissement Spécialement chez l’enfant et l’adolescent, une  pratique trop précoce et trop répétitive des multi-bonds peut être source de nombreux traumatismes :

Chaque enseignant mesurera donc les capacités de son public et prendra soin d'éviter des répétitions trop nombreuses.

Introduction.

Cette épreuve exige une succession d'impulsions dont les deux premières s'effectuent avec le même pied d'appel (il s'agit donc d'un cloche pied) et la troisième après un changement de pied. Toute trajectoire est source d'une perte de vitesse horizontale, or comme la vitesse horizontale joue un rôle majeur dans la vitesse d'envol de chaque bond, le premier critère majeur de cette spécialité tiendra dans la capacité du sauteur à créer (sur la première impulsion) et entretenir (sur les deux autres impulsions) une vitesse horizontale la plus élevée possible.

Le maintien de cette vitesse sera conditionné d'une part par l'orientation des trajectoires (angle d'envol d'où résulte la flêche de la trajectoire), et d'autre part par les orientations des mobilisations segmentaires des appuis de reprise.

Rappelons que moins l'athlète monte, moins il acquiert d'énergie potentielle, moins il doit amortir la reprise, toutes conditions qui peuvent favoriser une reprise active et correctement orientée des impulsions. N'oublions pas que la première suspension mobilisera trois fois de suite la même jambe d'appel: une première fois lors de la première impulsion, une seconde fois lors de le reprise active, et une troisième fois pour la seconde impulsion.

1 la course d'élan

Elle répondra aux mêmes exigences qu'au saut en longueur.

2 la liaison course-impulsion du premier appel

Comme la première suspension doit être plus tendue qu'au saut en longueur pour garder le maximum de vitesse horizontale, l'athlète ne devra donc pas engendrer une Vitesse verticale aussi importante qu'en longueur. Il n'aura donc pas besoin de prendre les avances en translation évoquées dans l'analyse de la longueur. Il en résulte qu'il gardera l'attitude de course avec certainement une dernière suspension de course plus courte de façon à ce que son centre de gravité passant plus vite au dessus de l'appui d'appel, toute l'impulsion soit à dominante horizontale. L'angle d'envol sera approximativement de 16°.

la première suspension
L'attitude "bassin haut" héritée de la course est maintenue pendant la suspension, le tronc est droit, le regard vers l'avant. Le genou libre reste engagé à l'horizontale jusqu'au sommet de la trajectoire.

S'appuyant sur le point fixe virtuel "bassin", le sauteur va effectuer un changement de jambe avant en ramenant le genou de la jambe d'appel à l'horizontale, pied armé.

la seconde impulsion
Cette position est maintenue le plus longtemps possible (temps de double suspension). La reprise active est initiée par l'action des ischio-jambiers qui vont abaisser la cuisse ainsi que la rétropulsion de la jambe sur la cuisse. Le sauteur recherche une reprise active du pied par la plante à l'aplomb de la projection verticale du genoux. Il ne doit pas aller chercher la reprise devant le genou (CF cycle antérieur). Maintenir la vitesse horizontale demeure le seul objectif du sauteur.

La jambe libre est rapidement mobilisée pour être projetée vers l'avant.

la seconde suspension
Le genou de la jambe libre est maintenu pointé en avant également dans un temps de double suspension pour préparer la dernière impulsion.

la troisième impulsion
Disposant d'un segment qui n'a pas encore travaillé et qui donc ne devrait pas être fatigué, le sauteur va compenser l'inévitable perte de vitesse horizontale due aux deux premières suspensions par une impulsion très puissante qui engendrera une trajectoire proche de celle que l'on vise au saut en longueur; donc avec une composante verticale plus élevée que dans les deux premiers sauts.

la troisième suspension
Elle reprendra, dans la mesure du possible, les mobilisations segmentaires observées au saut en longueur pour assurer la plus longue trajectoire possible

 

Répartition des suspensions : Il est admis que première et troisième suspensions doivent représenter chacune 35% de la longueur du saut alors que la seconde n'en représenterait que 30%. En ce qui concerne leurs flèches, la plus élevée est celle de la troisième suspension, puis vient celle de la première et enfin celle du changement de pied. La perte moyenne de vitesse horizontale serait comprise entre 2,5 et 3m/s chez les meilleurs sauteurs.

Mobilisation des bras : L'une des compétences majeures du sauteur résidera dans sa capacité à mobiliser des impulsions brèves et extrêmement puissantes. Un athlète comme Jonathan EDWARD en est l'exemple type car c'est probablement l'athlète qui, dans un passé récent, avait les appuis les plus rapides et dont le centre de gravité parcourait un minimum de chemin sur chaque appui. Dans ce cadre, et au-delà de leur rôle dans l'équilibre générale des trajectoires, et donc dans le maintien de la direction des déplacements, les bras seront toujours mobilisés comme des segments courts. Rapidement projetés vers l'avant et fixés ils participeront à l'allègement du corps. Rappelons (cf segments libres) que des mobilisations longues (bras tendus ou partant loin derrière pour aller loin devant) révèleront des temps d'appui et d'impulsion longs ce qui sera relativement incompatible avec de grandes performances.

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