LES SEGMENTS LIBRES

Définition

En biomécanique, un segment libre est une chaîne osseuse dite ouverte; c'est à dire un segment (bras, jambe, ou même tête) qui n'est pas en contact avec un appui (sol, agrès, adversaire…), et, dans les lancers, dont l'extrémité n'est pas chargée par un engin. Donc un appui d'attaque devant la haie sera une chaîne osseuse ouverte et donc un segment libre, alors que l'appui d'impulsion sera une chaîne fermée.

En athlétisme, la tête sera toujours un segment libre dont l'importance, soit de la fixation, soit de la mobilisation, sera capitale.

La mobilisation d'un segment libre engendrera certaines conséquences selon que l'athlète est, ou n'est pas, en appui. ( CF également le chapitre action - réaction.)

Le rôle des segments libres est détaillé dans chaque analyse descriptive, mais il n'est pas inutile de rappeler que :

Dans une situation d'appui, comme lors de l'impulsion en longueur, en triple et en hauteur, la mobilisation des bras et de la jambe libre vers le haut aura d'abord pour effet :

Dans une situation d'appui, en lancer, la mobilisation de la jambe libre au poids cumulera les effets 1 et 2 (en rouge ci-dessus). En effet, le ramener vers l'avant du genou de la jambe libre augmentera la charge sur la jambe d'appui, si toutefois le bassin ne compense pas par un déplacement en arrière, ce qu'il faut à tout prix éviter pour ne pas initier un "départ en fesses" (CF analyse descriptive de la phase préparatoire du lancer du poids). Ce ramener sera le véritable déclencheur du mouvement.

La poussée commençant à être transmise au bassin, la projection de cette jambe libre participera à l'accroissement de la vitesse de déplacement. L'orientation de cette projection (vers le butoir) est importante pour ne pas justement faire monter la trajectoire du bassin (CF analyse).

Au disque, dès l'entrée dans la volte, la projection du genou de la jambe libre vers le centre du cercle visera les mêmes effets.

Dans une situation d'équilibre sur une trajectoire, la mobilisation d'un segment libre entraînera le principe de l'équilibration contro latérale . Il en ira ainsi lors du "serrer les genoux" ou lors de la mobilisation d'un segment pendant un saut.( CF analyse descriptive des sauts). Que dire de la mobilisation de ces segments libres sur les obstacles où la puissance de l'impulsion exige une totale maîtrise (contrôle) des rotations qu'elle engendre. D'où l'énorme engagement vers l'avant du bras et de l'épaule opposés à la jambe d'attaque pour que l'athlète reste dans l'axe idéal de course.

Cette mobilisation d'un segment sur une trajectoire peut être également envisagée comme élément déclencheur, accélérateur, voire éventuellement correcteur de la mobilisation du segment opposé. Ainsi, si l'athlète a engagé tout le côté supérieur gauche pour contrecarrer la rotation induite par la violente projection de la jambe droite au-dessus de l'obstacle, la rétropulsion contrôlée "coude au corps" de ce bras gauche (donc une accélération de son retour en arrière, puisque mobilisé fléchi) aura une influence non négligeable sur la vitesse de retour vers l'avant et le haut du genou de la jambe d'impulsion.

L'observation de la mobilisation des segments libres est souvent un indicateur pertinent de la mobilisation des segments contro latéraux. En sprint par exemple, le déploiement de l'avant bras sur le bras lors de la rétropulsion du membre supérieur indique donc un ralentissement de la vitesse angulaire de ce segment ce qui traduit fort probablement un temps long de l'appui au sol. (Si le bras a besoin inconsciemment d'augmenter la durée de son trajet, c'est que la durée de l'appui le nécessite).

Les anciens qui n'avaient probablement pas nos connaissances en neuro-physiologie conseillaient déjà aux coureurs de 400 de "tirer sur leurs bras" dans la dernière ligne droite. Ils avaient donc intuitivement trouvé : qu'activer le mouvement des bras pouvait induire une mobilisation plus active des jambes.

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