LES RELAIS

Rappel succinct du règlement

Les relais courts, jusqu'au 4 x 100m, s'effectuent en totalité en couloir; la zone de transmission y est de 20 mètres, répartis également de part et d'autre de la distance à parcourir; avant l'entrée de cette zone de passage de témoin, 10 mètres supplémentaires sont autorisés pour la prise d'élan du relayeur.
Le témoin doit être échangé uniquement dans la zone de transmission (zone des vingt mètres); et la validité du transfert est jugée sur la position qu'occupe le témoin, et non les coureurs, par rapport aux verticales des zones de début et de fin de zone.

Logique interne
A quatre coureurs successifs, assurer au témoin la vitesse moyenne la plus élevée possible, dans un espace moteur et agi réglementé.

Technique collective
1-Composer une équipe de 5 ou 6 sprinters qui s'entraînent ensemble afin que la composition de l'équipe puisse être fonction de la forme du moment, et surtout que la blessure ou la méforme d'un titulaire ne handicape pas l'équipe.

2-L'ordre des coureurs dépendra:

- des performances en vitesse pure, car il est toujours intéressant de faire parcourir la plus grande distance possible à celui ou ceux qui vont le plus vite. Ainsi le deuxième relayeur (ou le troisième) pourrait dans l'absolue courir presque 120m s'il prend le témoin dès l'entrée de zone et le transmet en fin de zone,
- de l'aptitude à courir en virage,
- des capacités d'adaptation aux exigences techniques de la transmission.
- et éventuellement de la stratégie adoptée

3-L'essentiel de la préparation consiste à:

- Déterminer exactement la marque de passage du relayé qui déclenchera le départ du relayeur,
- Affiner la prise d'information et de décision du relayeur,
- Optimiser au maximum son départ et sa course pour qu'il n'ait pas à improviser, dans la mesure ou, bien entendu, la course du relayé est constante

Comportement technique des athlètes

Le relayé

-Arrive au maximum de sa vitesse.
-Court dans la partie du couloir qui, compte tenu de la technique de transmission, permet l'alignement du bras relayé et du bras relayeur.

le relayeur

-Adopte un placement qui respecte les principes d'un bon départ debout:

·  pieds dans l'axe de la course.
jambes demi-fléchies.
Poids du corps vers l'avant
bras en pré-équilibration.

et lui permet de voir arriver son équipier. Pour cela, il occupe généralement l'extérieur du couloir avec jambe arrière gauche de façon à pouvoir se tourner aisément vers l'intérieur. Cette position lui permet:

soit de partir en direction du bord interne de son couloir pour recevoir main droite.
soit de courir au bord externe pour recevoir main gauche.

Il est certain que cette obligation de jambe arrière gauche peut représenter un obstacle quand elle exige un changement d'appui chez le relayeur habitué à partir jambe gauche en avant dans les starting-blocs ; toutefois, le départ debout étant moins exigeant au niveau de la poussée initiale la perte de temps qui peut en résulter est minime.

Modes de transmission

Elle peut être effectuée selon l'une des trois techniques suivantes, quoique la dernière tombe en désuétude:

1-Allemande

Le relayeur présente le bras allongé en arrière, paume vers le bas, doigts serrés, pouce écarté. La transmission se fait de bas en haut.
-avantages: un gain d'espace correspondant à la longueur des deux bras (relayeur-relayé)
-inconvénients: étroitesse de l'objectif à atteindre, et si le témoin n'est pas assez engagé, perte de longueur disponible pour la transmission suivante.

2-Française

Bras allongé en arrière, paume vers le haut, pouce écarté ou collé aux autres doigts. La transmission s'effectue de haut en bas.
-avantages: toujours un gain d'espace et un guidage possible du témoin le long du bras du relayeur, portion de témoin toujours disponible pour la transmission suivante.
-inconvénient: difficulté à fixer correctement le bras pour le relayeur.

3-Américaine

Bras arrondi sur le côté main à hauteur de la hanche l'ensemble formant une anse dans laquelle le témoin sera présenté.
-avantage: un but plus large, une sécurité de prise, l'absence de bras tendu chez le relayeur, d'où meilleure fixation du bras.
-inconvénient: perte d'espace, risque de contact.

Quelle que soit la technique, le témoin doit être littéralement "arraché" avec conviction par le relayeur. S'il tombe pendant la transmission c'est au relayé de le ramasser.

A propos des techniques avec ou sans changement de main
Si la course se déroulait en ligne droite, la largeur du couloir serait suffisante pour que les coureurs se placent alternativement à droite et à gauche du couloir de façon à ce que le témoin progresse en ligne droite sans qu'il soit nécessaire de changer de main pour être en bonne position pour transmettre au relayeur suivant. Ce n'est malheureusement pas le cas, et d'autres variables doivent être prises en compte :

- il s'agit de la force centrifuge qui influe sur la trajectoire des sprinters,
-de la position occupée par l'équipe: à la corde ou à l'extérieur, ce qui aura une influence sur l'angle de vision du relayeur.

Tous ces éléments peuvent amener les équipes à opter pour l'une ou l'autre des techniques.

Dans celle sans changement de main, l'hypothèse part du principe que les coureurs 1 et 3 (lors d'un 4 x 100m) subissent les effets de la force centrifuge et sont entraînés vers l'extérieur; ils sont alors bien placés pour donner ou recevoir main gauche. Le premier partira donc main gauche; ce qui pourrait ne pas se révéler forcément un avantage pour le second relayeur si son équipe est à l'extérieur, car lui aussi sera chassé vers l'extérieur alors qu'il tient le témoin main droite...

Dans celle avec changement de main, le témoin est main gauche au départ, ce qui favorise la sortie du premier virage surtout si l'équipe est à la corde. La réception droite est immédiatement transférée main gauche, avec les risques de manipulation que cela comporte, cette tenue ne gêne pas les équipes à la corde et les avantage si elles sont à l'extérieur. La suite est identique, changement de main à chaque transmission. Cette technique permet au relayeur de partir en direction du bord interne de son couloir.

Approche didactique et pédagogique

L'une des démarches susceptible d'être employée consiste à utiliser les courses de relais comme moyen propre à satisfaire des objectifs qui se situent:

1- dans les domaines cognitif et sensori-moteur

Etre capable d'apprécier, d'harmoniser et d'optimiser les vitesses maximales de coureurs dont l'un est lancé et l'autre part arrêté.
Etre capable d'utiliser au mieux l'espace moteur défini par le règlement.
Etre capable de satisfaire aux exigences de la transmission du témoin.

2- Dans le domaine socio-affectif

Etre capable de créer les conditions de travail propices à la validation du travail des partenaires.

Ce dernier objectif est "la base" de toute rentabilité d'un travail en relais. En effet, à partir du moment où une activité lie deux partenaires, les résultats du binôme sont toujours fonction des productions de chacun d'entre eux.

Le travail de relais exige donc une QUALITE en ce qui concerne:

-L'attention.
-La prise d'informations et de décisions
-La régularité des efforts (vitesse maximum des deux partenanires à chaque essai).

C'est d'autant plus vrai que le travail de sprint est très exigeant et ne peut donner lieu à de nombreuses répétitions.

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MOYEN

Respecter la logique interne de l'activité voudrait que l'on respecte la succession des échanges entre les quatre coureurs. Mais si l'on ne dispose pas d'une piste on peut néanmoins travailler l'essentiel des objectifs en utilisant une formule proche de celle qui est proposée ci-dessous.

Lorsque B passe à pleine vitesse sur la marque "petit a", A démarre au maximum; C, E, G, I, K,M ont également leur marque.Tous les coureurs peuvent soit partir ensemble, soit l'un après l'autre, soit sur un signal pour chacun d'eux, selon ce que l'enseignant veut et peut observer ou faire observer.

Premier objectif comportemental

Harmoniser et optimiser les vitesses et développer la prise d'informations et de décisions.

Moyen : Diversifier la composition des binômes en essayant même de ne pas mettre ensemble des coureurs de même vitesse ; mixer si besoin.

Consignes :

- Le relayeur décide de placer une marque qui concrétisera l'endroit au-dessus duquel le passage de son partenaire servira de signal de départ.
- Son intention "est de ne pas se faire rattraper" mais, grâce à des essais successifs, de modifier l'emplacement de cette marque de telle façon qu'il soit rattraper avant la fin de la zone de transmission.
- Dès qu'il perçoit le signal, il part au maximum de ses possibilités, en attitude de course normale, sans regarder derrière lui
- Le relayé part et effectue son parcourt au maximum de sa vitesse, sans produire des changements de rythme qui risqueraient de fausser l'appréciation du relayeur. A chaque fois qu'il le peut, il touche le relayeur pour que celui-ci sache où il est rattrapé par rapport à la fin de la zone.

Cette étape ne peut dépasser 8 à 10 tentatives en tant que relayeur, et autant en tant que relayé, compte tenu de la fatigue induite par le "fractionné sprint" que représente ce travail.

Deuxième objectif comportemental

Etre capable de juger de l'instant où la transmission devient possible, sans prendre d'informations visuelles qui nuiraient à l'optimisation des vitesses; comme par exemple: courir en regardant derrière soi.

Moyen : Travailler avec le même binôme

Consignes : :

- A partir de marques convenablement et préalablement établies et donc d'une harmonisation des vitesses:
- Le relayeur doit savoir au bout de combien de foulées son partenaire est à distance de transmission. Cette information lui est fournie par le nombre d'appuis qu'il effectue avant d'être touché par le partenaire. A n/appuis-1, il place le bras dans les conditions requises par la technique de transmission adoptée.
- La tenue du témoin, main droite ou gauche, par le relayé n'est pas forcément imposée à ce stade, ce qui renforce l'attention du relayeur. En effet le relayé peut être laissé libre de choisir la main porteuse ce qui implique qu'à chaque essai le relayeur intègre bien la main qu'il doit présenter pour se saisir du témoin (travail de latéralisation). Mais cet objectif de latéralisation est une variable supplémentaire dont on doit juger de la nécessité, car l'ensemble est déjà fort complexe.
- Le relayé doit courir en fonction de la main qui tient le témoin de façon à ce que l'alignement des deux bras puisse avoir lieu.

Troisième objectif comportemental

Etre capable d'effectuer le passage du témoin dans des conditions optimum.

Consignes

Le relayeur place le bras franchement sans ralentir et en essayant de bien le maintenir. Deux foulées plus loin, il doit s'être saisi du témoin sinon le processus n'est plus optimisé, car :
- dans un premier temps il devra au moins suspendre son accélération pour se faire rattraper,
- puis, le cas échéant, regarder derrière lui pour réagir en fonction de son partenaire.

Le relayé doit répondre immédiatement au signal de placement du bras et procéder à l'échange.

Cette démarche, outre le fait qu'elle respecte les fondamentaux des courses de relais courts, présente l'avantage de satisfaire au développement de certaines capacités autres que celles déjà annoncées:

-Appréciation proprioceptive de l'espace temps.
-Régulation consciente des conduites
-Autonomie de la décision.

Elle exclut toutes les autres conduites susceptibles de nuire à l'optimisation des vitesses comme :

-Partir en regardant derrière soi ou en courant le bras déjà tendu.
-Arriver dans la zone de transmission avec le bras tendu en avant.
-Partir normalement mais se retourner pour juger de l'approche du partenaire.
-Enfin être soumis à un signal émanant du partenaire pour enclencher le processus de transmission (combien y aura-t-il de signaux perçus lorsque huit équipes seront dans la zone de transmission ? et combien de facteurs d'erreurs ?)

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