Rôle du gainage

1 - Dans le cycle antérieur

Rappelons que lors de la foulée, la jambe libre revient en flexion sous le bassin et que, dès son passage sous la verticale du CdG, la cuisse est élevée sur le bassin pendant que dans le même temps le segment jambe oscille vers l'avant. L'extension de la jambe sur la cuisse, pied armé (action du jambier antérieur), sera maximum lorsque le genou atteindra l'horizontale. Une rétropulsion très active de ce segment libre, pied toujours armé, inversera son parcours selon une direction du haut vers le bas et surtout de l'avant vers l'arrière (dynamique du cycle antérieur).

Il importe donc que l'athlète ait les moyens d'éléver et de fixer sa cuisse. Si une partie du retour de la cuisse vers l'avant peut être mis sur le compte de la réaction des fléchisseurs (psoas) préalablement étirés par l'extension due à l'impulsion, conception du retour entièrement valable pour la foulée de fond, en sprint la vitesse de mobilisation des segments est telle que le retour doit être hyper-actif . Pour cela une contraction concentrique en course externe des psoas iliaques est indispensable.

Si le point fixe des psoas-iliaques est leur insertion commune sur le petit trochanter du fémur (ici les cuisses sont immobiles), leur action est alors une flexion du tronc sur la cuisse (travail classique en synergie avec les grands droits : couché assis en abdominaux).

La plupart du temps, les psoas-iliaques sont les muscles fléchisseurs de la cuisse sur le bassin lorsque leur point fixe haut se situe sur l'os iliaque (pour l'iliaque) et sur les faces antérieures des vertèbres lombaires (pour le psoas).

 

Sur cette vue de face, on peut observer les insertions et les trajets du psoas droit (P) et de l'iliaque gauche(I), ces deux muscles étant symétriques.

Mais pour que ces psoas puissent travailler efficacement la notion de gainage est indispensable, étudions donc le travail des psoas sans et avec gainage

Consigne : En station debout, élever la cuisse

Si l'athlète (croquis de droite) effectue ce travail avec une lordose naturelle l'élévation de la cuisse se limite à l'horizontale. Si l'athlète (croquis de gauche) effectue une forte nutation du bassin (rétroversion), celle-ci aura pour effet d'effacer la courbure lombaire et donc de reculer et d'élever les vertèbres lombaires et de reculer l'os iliaque. Les points d'insertion hauts ayant été ainsi élevés, reculés, et fixés, l'action de ces deux muscles sur la cuisse en sera d'autant améliorer, d'où une plus importante fixation élévation de la cuisse.

C'est ce même mécanisme, mais cette fois dû à la nécessité de maintenir le poids de la perche, qui imposera au perchiste une course en cycle antérieur.
CF tenue de la perche

2 - Dans la transmission des forces

L'alignement des segments jambe-cuisse-bassin-tronc est un gage de la retransmission de la réaction du sol aux actions de l'athlète.

La colonne vertébrale étant un empilement d'articulations, celles-ci représentent autant de possibilités de déperdition d'énergie si elles ne sont pas fixées. La charnière lombo-sacrée est la plus susceptible d'amortir la retransmission de la réaction du sol, car elle se situe entre le point de restitution des forces (la hanche si l'alignement des segments inférieurs est acquis) et la masse du corps représentée par le centre de gravité. C'est donc le maillon faible de la transmission et il n'y aura pas d'autre moyen qu'un solide gainage pour rendre cet empilement vertébral apte au transfert de la réaction au centre de gravité.

Très souvent lors des impulsions ou des lancers et surtout du départ de sprint ce nécessaire gainage du bassin est accompagné d'un bloc thoraco-abdominal (apnée en inspiration avec contraction des muscles de la cage thoracique), façon d'obtenir un bloc tronc-bassin extrêmement solide.

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