La notion de levier

Rappel

Lors de la découverte du saut à la perche, et comme dans toutes les initiations athlétiques, il convient de situer, même sommairement, le cadre réglementaire de cette activité.

 Il importe alors que lors des premiers apprentissages le levier soit correctement ajusté pour que l'élève ne le modifie pas. Comment réaliser les premiers ajustements ?

Expérience :

L'élève pose la perche verticalement devant lui, pied de perche devant ses pieds en la saisissant à hauteur de poitrine avec le mode de préhension évoqué au chapitre pedasaut3, puis il fait glisser les deux mains simultanément vers le haut en gardant le même écart entre elles. Il arrive donc un moment où il ne peut plus monter la main supérieure. Dans cette position il lui est encore possible, en marchant sur la pointe des pieds de passer de l'autre côté de la perche sans avoir besoin de sauter.

Puis on lui demande d'éloigner le pied de perche vers l'avant de quelques 20 cm et de remonter les mains. Il constate alors qu'il lui est impossible de passer de l'autre côté de la perche en marchant. Il est alors dans une situation où il peut comprendre que c'est le levier généré par la prise de main supérieure qui déterminera le décollage. Ces deux petites expériences doivent être immédiatement refaites avec le pied de perche dans le butoir de façon à ce que l'élève intègre la profondeur du butoir dans ses représentations.

On retiendra donc que le levier est la distance qui sépare la main supérieure du pied de perche, distance qui inclut forcément les 20cm de profondeur du butoir

Cette même expérience réalisée avec l'élève monté sur un petit banc et qui, perche en appui au sol, l'empaume avec le point de préhension le plus haut, et se lance vers l'avant, permet de vivre une trajectoire en suspension, accroché à la perche. En expérimentant une prise de levier un peu plus grande, il comprend ainsi que plus il prendra de levier plus la suspension sera longue dans le temps et dans l'espace...et plus il prendra de risques,... et donc plus il lui faudra bien tenir la perche.

Cet exercice a le grand mérite de présenter une petite prise de risque qu'il est important d'affronter le plus rapidement possible; il s'agit du risque de suspension qu'induit le levier, et que certains élèves réduisent parfois au cours de cette exercice en laissant leurs mains glisser le long de la perche pour raccourcir, voire annuler cette suspension. Tant que les élèves ne maintiendront pas la tenue initiale prise haute - prise basse et ne domineront pas la suspension il sera inutile d'aller plus loin dans l'apprentissage.

A un niveau du perfectionnement, la notion de levier devient un peu plus complexe en ce que l'observation démontre que tous les sauteurs de haut niveau prennent des leviers largement inférieurs à la hauteur visée. Il apparaît donc (CF Les facteurs mécaniques influençant la hauteur de prise de perche, ATTICK R, Athletic journal,n°6, fev 1979, traduction INSEP n° 227) que la hauteur franchie par un perchiste peut se décomposer en :

La hauteur du levier dépendra de plusieurs éléments dont essentiellement la quantité de vitesse de décollage que le sauteur pourra générer. En effet, plus il prendra de levier, plus il devra avoir une vitesse de décollage élevée. Les autres éléments tiendront à la souplesse ou à la dureté de la perche, une perche souple n'ayant pas les mêmes qualités de renvoi qu'une perche dure; or un grand levier appelle une grande flexion de perche et pour que la perche puisse restituer l'énergie emmagasinée, il faut qu'elle soit relativement dure.

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