Observation pédagogique à propos de la phase d'animation des haies courtes

La majorité des élèves devra gérer une relation affective avec l'obstacle, comme elle devra également le faire dans l'activité perche. Le premier souci de l'élève sera de préserver son intégrité et il adoptera tous les comportements qui lui permettront de ne pas tomber lors des premiers franchissements. Ainsi, la compétence spécifique qui consiste à attaquer la haie avec une vitesse élevée, tout en maintenant une attitude de course et donc à attaquer de loin, sera complètement négligée au profit d'un comportement qui permettra d'assurer, dans un premier temps, un franchissement "sauté" qui limitera le risque de contact et donc de chute.
Ce n'est qu'en prenant de plus en plus confiance en lui, que l'élève acceptera progressivement de prendre le risque d'attaquer plus vite et donc de prendre une impulsion relativement loin de l'obstacle.

Quelle que soit la démarche pédagogique adoptée, il faudra bien, à un moment donné, lui proposer d'inscrire son apprentissage dans la logique interne de l'activité. L'élève devra alors affronter les compétences spécifiques à la mise en action : départ première haie. CF phase d'animation sur les haies courtes

Nous assisterons probablement, et pour la grande majorité des élèves, à une seconde étape d'adaptation affective qui consistera à adopter une motricité de départ qui ne sera pas, dans un premier temps, conforme à ce qu'ils font d'habitude lors d'un départ de sprint, et qui les conduira à exagérer l'amplitude de leurs quatre premières demi-foulées pour se rapprocher au maximum de l'obstacle afin d'être assurés de pouvoir le franchir au bout du 8ème appui.

Ce comportement nuira, d'une part, au processus d'accélération, mettant par là même en cause la qualité du franchissement de ce premier obstacle et donc des suivants (impossibilité par manque de vitesse initiale de maintenir un rythme à 4 appuis entre les obstacles), et induira, d'autre part, une impulsion très près de la haie (en agissant ainsi, l'élève est assuré de pouvoir "sauter la haie" sans risque).Ce type d'impulsion orientée vers le haut exigera un amortissement de l'énergie potentielle qui empêchera toute reprise active derrière l'obstacle. CF coureurs de gauche sur la photo ci-contre

Pour faire prendre conscience aux élèves que la présence de l'obstacle les conduit à ne plus mettre en œuvre les compétences spécifiques "départ de sprint", que par ailleurs, nous l'espérons, ils maîtrisent avant même le travail sur les obstacles, nous conseillons la démarche suivante:

A la fin de l'échauffement organiser des binômes; tous les n°1 prennent trois ou quatre départs sprint dans les couloirs où seront, plus tard, placés les obstacles pour travailler l'animation départ-1ère haie. La consigne : arriver le premier aux 15m. Tous les n°2 doivent observer et marquer (craie, adhésif...ou d'une façon anonyme sur une fiche d'observation) où se pose le quatrième appui et, si possible, le 8ème. Inverser le travail des binômes. Lorsque l'on abordera quelques instants après l'objectif de la leçon (animation départ et franchissement de la 1ère haie), il sera alors aisé, en recommençant l'observation, de faire prendre conscience que les comportements ne sont plus ceux du sprint et que le quatrième appui se pose largement plus loin que lors de l'expérience précédente réalisée sans obstacle.

L'expérience démontrera que si l'on veut s'animer conformément à la compétence requise (maximum de vitesse horizontale à obtenir dans l'espace départ-1er obstacle), ce 4ème appui, qui représente la moitié de ceux dont on dispose pour aller attaquer la haie, devra se poser à peu près au 1/3 seulement de la distance qui sépare ce départ de la première haie. Conduite en totale conformité avec le comportement du départ de sprint.

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