A propos du muscle

 

Pour les étudiants en EPS, les connaissances sur la physiologie musculaire font l'objet d'un cours spécifique, les lecteurs qui n'auraient pas encore pu acquérir les connaissances concernant ce domaine peuvent se référer à la nombreuse littérature existante et spécialement aux derniers ouvrages comme : Physiologie du Sport par MONOD (H), FLANDROIS (R) aux éditions MASSON, PARIS,1997.

L'objet de cet annexe est de rappeler :

que dans la vie courante, en fonction de son trajet, de ses modes d'insertion, et surtout de ses habitudes de travail, chaque muscle possède une course dans laquelle sa puissance s'exprime au maximum. Sa puissance certes mais aussi ses dispositions à se laisser étirer...ce qui entraîne le manque de souplesse que l'on peut observer chez les sédentaires et qui traduit la prévalence d'un groupe sur ses antagonistes: par exemple la prévalence des ischio-jambiers sur les muscles antérieurs de la cuisse, d'où les difficultés de fermeture tronc sur jambes.

Notion de course interne et de course externe.

Prenons l'exemple de la flexion de l'avant-bras sur le bras pour laquelle on pense spontanément au travail du biceps brachial. Le vécu prouve que, lorsque l'on veut effectuer une flexion avec une charge, le bras étant en extension, le plus dur de l'action se situe à son démarrage. Entre 120° et 60° de flexion, l'exercice parait plus facile, au delà, nous ressentons un manque de force. La puissance de ce biceps est donc maximum dans ce qu'il convient d'appeler sa course interne; c'est à dire entre 120 et 60°. La traction à la barre fixe illustre bien ce propos, le plus difficile consistant à démarrer l'exercice.

Croquis ci-contre : Cela s'explique donc, d'une part par l'angle d'attaque du tendon du biceps sur l'os radius qui, lorsque le bras est en extension, est très peu ouvert, l'action du biceps ayant alors tendance, non pas à fléchir l'avant-bras sur le bras, mais à plaquer l'avant-bras dans l'axe du bras. La contraction du biceps CO, pouvant être décomposée en C (force de coaptation qui plaque la cavité sigmoïde du cubitus contre la trochlée humérale sans engendrer de flexion) et en T composante radiale de son action sur le Radius qui tend à fléchir l'avant-bras. La résultante R étant alors relativement faible. Plus l'angle avant-bras/bras va approcher de 90°, plus la composante C diminuera et plus la résultante R augmentera.

La nature ayant bien prévu les choses, l'action du long supinateur interviendra au début de la flexion et celle du brachial antérieur en fin de flexion. Ce sont donc trois muscles qui participeront à la flexion de l'avant-bras sur le bras.

Ainsi, par la force de nos habitudes de travail, la plupart de nos muscles sont adaptés à un travail en course interne.
Or, dans les activités athlétiques, les conditions de travail changent énormément et les muscles sont souvent sollicités au maximum de leur puissance alors qu'ils ont, au préalable, été complètement étirés. C'est le cas de la reprise d'appui en sprint, où les ischio-jambiers doivent produire une contraction concentrique très intense alors qu'ils sont étirés par la recherche de l'amplitude; même si le cycle antérieur exigé les a préalablement déjà mis en action; mais il faut noter qu'ils sont alors non chargés, la chaîne osseuse de la jambe de reprise étant une chaîne ouverte... jusqu'à la reprise au sol. A cet instant, les ischio enregistrent une charge maximale alors qu'ils sont en course externe; presque complètement étirés. D'où les traumatismes que l'on enregistre parfois et qui peuvent aller de la simple contracture, à l'élongation, voire même à la rupture partielle.. Ceci est également observable en longueur et triple où leur charge est encore décuplée.

On comprend alors aisément l'importance, d'une part des étirements et surtout d'une musculation dite spécifique qui visera à développer la musculature dans sa course externe ou, en tout état de cause selon les amplitudes qui seront celles exigées par le rendement maximum. CF musculation.

Autres concepts

Un muscle dont le travail rapproche ses points d'insertion fournit un travail concentrique. Cas de la traction à la barre fixe.

Un muscle qui résiste à l'éloignement de ses points d'insertion fournit un travail excentrique ou encore un travail freinateur. C'est le cas du retour à la suspension passive après avoir effectué une traction.

Dans ces deux cas, le travail est également qualifié d'isotonique.

Deux groupes de muscles (agoniste et antagoniste) qui maintiennent un segment dans une position donnée, sans écart ou rapprochement entre leurs points d'insertion font un travail isométrique. C'est le cas lors des fixations des segments : exemple (une fois qu'un travail isométrique essentiellement des deltoïdes a permis l'élévation des bras) fixation (par ces mêmes deltoïdes, mais en tavail isotonique) des épaules et des bras lors d'une impulsion de longueur

Un muscle qui fournit un travail concentrique après avoir été auparavant mis sous tension par un travail excentrique, effectue un travail pliométrique CF annexe sur la notion de mise en tension-renvoi.

En fonction de ses points d'insertion, de son angle d'insertion et de son trajet par rappport, à l'articulation ou, aux articulations qu'ils mobilisent un muscle effectue une action simple (flexion des doigts pour le fléchisseur commun des doigts) ou des actions plus complexes (le couturier, muscle de la cuisse qui est principalement fléchisseur de la hanche est accessoirement abducteur rotateur externe). Sur les grosses articulations épaule, coude, hanche, genou plusieurs muscles travaillent en synergie et l'on trouve alors le groupe des fléchisseurs, celui des extenseurs, des adducteurs et des abducteurs.

A tout groupe agoniste (qui produit un mouvement considéré, une même action) s'oppose un groupe antagoniste (qui produit une action contraire).

Comme nous l'avons vu pour ce qui concerne les notions de course interne et externe , chaque muscle ou groupe de muscles fonctionne dans des limites anatomiques mais aussi de capacité (force), capacité que l'entraînement (notamment la musculation) vise à modifier dans le but d'un meilleur rendement. Il convient alors de ne pas oublier les antagonistes dans tout projet de développement de tel ou tel groupe musculaire, car un tel oubli peut être source de forts traumatismes si l'un des groupes devient extrêmement plus puissant que l'autre.

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