SAUT EN HAUTEUR

Introduction

Dans ce saut en flèche, les styles ont évolué vers une économie du franchissement; c'est à dire vers le minimum de flèche de la trajectoire du bassin par rapport au plan de la barre.

Les sauteurs sont ainsi passés d'une attitude sans souci d'économie:

à un type de franchissement où l'on évitait de trop monter le centre de gravité

à un type de franchissement où les segments passaient successivement au-dessus de la barre induisant un centre de gravité partiel très près de la barre :

Il faut reconnaître que ce sont les progrès technologiques des fosses de réception qui ont autorisé les évolutions "acrobatiques" des styles de franchissement. Sans fosse en mousse le Fosbury eut-il en effet existé ?

Quel type de franchissement utiliser ?

Il est primordial de se rappeler que la forme du franchissement dépendra des éléments évoqués aux annexes : pedasaut1, et généralités sur les sauts . Il conviendra également de consulter l'introduction de l'article intitulé :"Considérations sur le FOSBURY FLOP", R.HOUBEN, in revue Sport, 16ème année, n° 63, juillet 1973 qui cite les travaux du professeur VITTORI sur les durées d'impulsion des sauteurs et qui considère que le style de franchissement doit être principalement fonction de ce critère.

L'enseignant d'EPS ayant en charge le développement des conduites motrices, plus celles-ci seront diversifiées et appropriées plus on pourra considérer qu'il a atteint les objectifs qui lui sont imposés. Le saut en hauteur se prête particulièrement bien à la diversification des conduites, car une barre peut être franchie différemment selon la direction de la course d'élan et le pied d'appel. On ne voit donc pas pourquoi l'enseignant imposerait un style de franchissement au moins en ce qui concerne les premiers cycles d'apprentissage. Par la suite, lorsqu'il s'agit de satisfaire à une performance, l'élève doit être en mesure de déterminer la technique qui convient à ses qualités : type d'impulsion, latéralisation, souplesse...audace.

 

FOSBURY

VENTRAL

Durée de l'impulsion

14/100ème de seconde

22/100ème de seconde

Qualités musculaires

Explosive et grande élasticité

Réponse longue

Vitesse d'approche

plus de 8m/sec

environ 7m/sec

Durée de la phase d'appui

chez FOSBURY 12 à 13/100ème

chez BRUMEL de 15 à 17/100ème

Ce tableau, inspiré de l'article de R.HOUBEN, cité ci-dessus, met en exergue le fait que les adeptes du Fosbury ont des temps d'impulsion brefs auxquels correspondent des mobilisations segmentaires courtes, corrélées avec une vitesse d'élan plus élevée qu'en ventral. Il existe donc des éléments objectifs qui imposent tel ou tel style dès qu'il s'agit d'optimiser la performance. Autrement dit, certains élèves ou athlètes sont prédisposés les uns pour des sauts à impulsion longue et d'autres pour des sauts à impulsion brève.

On notera que certains athlètes à impulsion relativement longue utilisent malgré tout le Fosbury comme type de franchissement. Les mobilisations segmentaires seront alors différentes. CF les deux séries de photo ci-dessous.

Ici, photographies de droite, la mobilisation près du corps et en flexion des bras reflète l'exigence d'une mobilisation rapide des segments équilibrateurs; ceci traduit donc une impulsion brève

 

Là, nous assistons à la mobilisation de segments supérieurs allongés et éloignés du corps, position significative d'un temps d'impulsion long

Ne pas oublier que sauter en hauteur consiste d'abord :

Ci-dessous, et pour visualisation, car peu d'athlètes sautent aujourd'hui en ventral, trois phases du ventral : l'envol-enfourchement, l'enroulement en style classique corps parallèle au plan de la barre, l'esquive réception.

Photo 1 BRUMEL: amplitude de l'enfourchement, mobilisation de segments longs, d'abord aller vers le haut

Photo 2 BRUMEL : Enroulement, corps parallèle à la barre

Photo 3 THOMAS : esquive jambe tendue, l'athlète roulera, sur le dos dans le sable

1 - La course d'élan

Comme dans tous les sauts elle doit procurer au sauteur une vitesse utile convenablement orientée et préparer la liaison course impulsion.

En ventral elle est rectiligne selon un angle d'attaque compris entre 30 et 40°. En dorsal, la fin de la course d'élan s'inscrit dans une courbe et est plus dynamique qu'en ventral, ce qui est le reflet des qualités musculaires du "fosburiste", la direction finale de cette course est un peu plus fermée qu'en ventral ; environ 25°. Le fait que tout ou partie de la course d'élan en FOSBURY s'inscrit sur une courbe entraîne le sauteur à prendre une position qui lui permet de résister à la force centrifuge, d'où une inclinaison du grand axe du corps vers le centre de la courbe, ce qui n'est pas sans poser des problèmes au niveau des appuis (CF "Analyse du mouvement et comment éviter les problèmes de pied en saut FOSBURY FLOP", K.P. KNEBEL - H.KRAHL, communication au 8ème congrès de l'AEIA, in Revue AEFA, 1981.)

2 - La liaison course impulsion

Elle commence à l'avant dernière pose du pied d'appel (antépénultième appui). Comme il s'agit là aussi de prendre des avances et de mettre en œuvre le principe de compression - renvoi, le centre de gravité commencera à s'abaisser.

Croquis 1

En ventral. La prise d'avance en translation s'effectue dans le plan sagittal qui est celui de la direction de la course. Elle s'accompagne donc d'un changement d'inclinaison du grand axe du corps puisque l'appui d'appel va chercher loin devant. Il convient de garder bassin et tronc dans l'axe de la jambe d'appel pour que le bassin soit le plus rapidement possible au-dessus du vecteur Vv.

Pendant l'avant dernière suspension les bras effectuent une oscillation vers l'arrière et le bas pour être projetés à nouveau vers le haut et l'avant dans le temps d'impulsion. Ainsi, dans la partie circumduction arrière vers le bas leur moment d'inertie contribuera à l'accroissement de la pression sur le sol, puis dans la partie de leur déplacement du bas vers le haut et l'avant ils contribueront à l'élévation du centre de gravité, puis, après leur fixation, au transfert d'énergie qui participera à la quantité de mouvement produite par l'impulsion.segments libres

La distance d ci-contre illustre la prise d'avance du pied d'appel sur le C de G

 

Croquis 2

En Fosbury. Compte tenu de la haute capacité de réaction du fosburiste, la prise d'avance en translation sera moins prononcée qu'en ventral (vecteur D2) et ce d'autant plus que dans ce style il existe une prise d'avance transversale (vecteur D1). Il en résulte que l'abaissement du C de G est moins prononcé qu'en ventral.

D3 distance du C de G par rapport au plan vertical du sautoir, D4 Parabole décrite par le C de G, d'où la nécessité de maintenir une certaine quantité de Vh pour aller de la zone d'impulsion à la zone de réception.

Dans tous les cas, le regard reste fixé vers le sommet de la trajectoire à accomplir ce qui va contribuer à l'élaboration de la ligne d'impulsion.

L'impulsion - envol

Dans tous les cas, le pied d'appel se pose dans la direction de la course qui elle-même sera celle voulue pour la trajectoire, surtout en Fosbury où le pied subit déjà suffisamment de contraintes (CF Analyse de mouvement et comment éviter les problèmes de pied au saut FOSBURY, K.P.KNEBEL-H.KRAHL, in AEFA, PARIS, 1981)

L'appui d'appel sera plus "déroulé", car plus long en ventral qu'en Fosbury où la qualité de "percussion" sera largement dominante.

Les segments libres seront projetés:

en ventral

C'est donc la forte et longue projection du côté libre (bras et jambe) qui accentuera la rotation autour de l'axe du côté d'impulsion et qui permettra de tourner autour de la barre.

Rappelons que la projection des segments libres entraînera également :

- une surpression sur le pied d'appel favorisant ainsi l'action contre le sol et donc sa réaction de renvoi,
- une élévation du centre de gravité favorisant ainsi la hauteur d'envol

en dorsal

3- Le franchissement

Suivant le principe de conservation du moment angulaire, les rotations créées ici dans les deux styles déterminent le mode de franchissement.

En ventral où les rotations, créées lors de l'impulsion, vont conditionner le type de franchissement, nous pouvons observer les deux modes suivants:

Photo 2 style classique parallèle à la barre, bras et jambes libres sont engagés en même temps V.Brumel

Photo 4 style plongeant, la tête ayant été engagée avant la jambe libre et le bassin :V.Yatchenko

 

Croquis 3

Alors que dans le style plongeant la jambe d'appel va continuer à monter puisque son déplacement s'inscrit dans la bascule générale du corps vers la fosse, dans le style classique, la jambe d'appel qui revient repliée (photo 2) doit absolument continuer à monter pour éviter la barre.

Selon le principe d'action réaction d'un corps en équilibre sur une trajectoire, le sauteur pourra forcer cette abduction rotation externe nécessaire à l'évitement en rétropulsant le bras côté libre. En effet, croquis3, le déplacement du bras droit vers l'arrière et le haut (on ne le voit donc plus sur le croquis) entraînera en réaction le déplacement de la cuisse et de la jambe en abduction (vers le haut) et en rotation externe (vers l'arrière). Pour ne pas contrecarrer cette action, il importe que la tête reste dans l'axe du corps, car si l'athlète regarde la fosse, il crée ainsi un point fixe qui freine, voire arrête, la rotation. Observable : le sauteur doit reprendre contact avec main droite, épaule droite et rouler sur le dos; il ne doit pas chercher une réception sur les deux mains face et tronc vers la fosse ce qui arrêterait également la rotation.

 

En dorsal On observe également deux grandes catégories de franchissement

Photo 5

Celle illustrée par MAJOR qui engage le bras libre au-dessus de la barre. Attaque de barre typique des sauteurs à impulsion longue

Photo 6

Celle illustrée par POPESCU qui n'engage que l'épaule libre et qui franchira, comme le faisait FOSBURY, avec les deux bras le long du corps. Attaque typique des sauteurs à impulsion brève.

 

Dans les deux cas, l'engagement du genou de la jambe libre accroît la rotation longitudinale initiée lors de l'impulsion. A noter la persistance du regard vers le sommet de la trajectoire pendant toute la montée.

Photo 7

Photo 8

Le corps s'inscrit sur la parabole décrite par le centre de gravité jusqu'à ce que le bassin (photo 7 Sotomayor) soit engagé au-dessus de la barre.

L'athlète a alors le, choix entre : ramener les jambes en extension sur les cuisses, ce qui entraînera par action réaction une flexion de la tête et du haut du tronc, soit d'effectuer cette flexion de la tête qui par réaction entraînera une élévation des jambes...c'est selon

Si cette esquive n'est pas provoquée, les segments jambes, animés d'une vitesse horizontale, amèneraient les talons au contact de la barre.

Cette action en fermeture cuisse-tronc provoque un abaissement du bassin qui accroît l'esquive des jambes.

4 La réception

En ventral classique le sauteur touche la fosse avec le bras, l'épaule libre puis prend contact avec le dos. En ventral plongeant le sauteur tombe directement sur le dos dans une sorte de roulade avant

En dorsal un sauteur de type impulsion longue tombera généralement à plat dos alors qu'un sauteur de type impulsion brève tombera sur la nuque puis généralement en roulade arrière.

 

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