Si l'on observe un athlète dans la position anatomique dite "de référence" donc debout, immobile et en équilibre, on constate :

 - de face que la ligne des épaules est strictement au dessus de celle du bassin et de celle des appuis, et donc qu'aucune des lignes n'est en avance en translation par rapport aux autres.

 - de côté que les trois lignes sont strictement pareillement orientées et parallèles ainsi aucune n'étant ni plus tournée vers la droite ou vers la gauche, aucune n'a d'avance (ou de retard) en rotation.

Les avances

C'est donc une notion qui précise les dispositions relatives des différents étages les uns par rapport aux autres, à savoir :

- l'étage moteur : les membres inférieurs

- l'étage de transmission : bassin et colonne vertébrale

- l'étage de réalisation : le levier qui part de l'épaule pivot (la gauche pour un droitier) et qui se termine à la main qui tient l'engin.

Ces dispositions relatives peuvent être observées soit dans un plan sagittal (exemple en départ de sprint les épaules sont devant le bassin lui même devant les appuis; il s'agit alors d'avances en translation, soit dans un plan vertical (généralement plus oblique que strictement vertical) où on observe que les alignements des trois étages (épaules, bassin, appuis) ne sont plus orientés dans la même direction. Il s'agit alors d'avances en rotation.

But des prises d'avance

En translation et en rotation:

- 1 - Mettre les chaînes musculaires qui agiront dans, la, ou les phases suivantes sous étirement grâce à un déplacement plus rapide des étages inférieurs par rapport aux étages supérieurs. L'illustration type est celle de la recherche du futur appui en sprint.

Dans toutes les activités athlétiques, on recherche une prise d'avances en translation par accélération du bas et non pas par recul du haut. Cette recherche exige des situations et des consignes d'apprentissage qui, en toute cohérence, devraient, par exemple au javelot, exclure toute référence à un mouvement de recul du bras porteur.

- 2 - Permettre de placer les appuis loin devant de façon à fournir l'espace et le temps nécessaires aux déclenchements des actions propres à la phase de réalisation. Pouvoir placer, un, (dans les sauts) ou des points (lancers) de percussion/transformation loin devant le bassin, afin d'avoir le temps d'organiser les réorientations des forces, sera l'objectif principal des avances en translation.

Leurs constructions ou exploitations peuvent être étudiées :

1-dans le plan sagittal ( plan principal du déplacement des lancers en translation : poids en technique de translation et javelot), et généralement selon un axe horizontal situé dans un plan frontal; il s'agira alors des avances dites en translation. Ces avances en translation se remarquent bien quand l'observateur est placé sur le côté, et regarde perpendiculairement à l'axe idéal du lancer ou du saut.

Elles s'obtiendront grâce aux deux éléments simultanés suivants :

- une accélération de la vitesse de déplacement de l'étage moteur par rapport aux étages sus-jacents,
- et, dans les sauts, par un abaissement du C de G qui permettra aux appuis d'aller chercher le sol plus loin devant.

Si le premier fournit un "espace-temps" propice à l'anticipation du déclenchement des actions musculaires, le second, réalisé par une légère flexion de l'étage moteur, mettra les muscles extenseurs sous tension, attitude indispensable pour une réelle action motrice d'extension.

Explication
: Le fait, par exemple en apprentissage du saut en longueur, de disposer un petit tremplin sur lequel l'impulsion doit être prise est une "astuce pédagogique" régulièrement utilisée pour fournir artificiellement aux élèves les moyens de trouver spontanément une jambe d'impulsion en légère flexion et donc pour leur faire prendre conscience de la nécessité de se trouver en position de déclenchement. En pratiquant ainsi, l'enseignant inverse momentanément la procédure; en effet, ce n'est plus l'élève qui descend chercher une position dynamique, mais c'est le sol (le tremplin) qui ayant été artificiellement remonté lui permet de trouver facilement la position adéquate. On étudiera toute l'importance de cette recherche d'un appui dynamique lors de la liaison course - impulsion dans les sauts

 

2-et toujours dans un plan sagittal, car tous les lanceurs vont vers l'avant, mais selon un axe oblique (le point bas étant vers l'avant: les appuis, le point haut vers l'arrière: la tête); il s'agira alors des avances en rotation.
Exemple d'une prise d'avance en rotation :  si en station debout, bras écartés vous effectuez un quart de tour sauté à gauche de l'ensemble : membres inférieurs, bassin, en gardant les épaules et les bras dans leur position initiale, vous aurez donc pris une avance en rotation de 90° des étages moteur et de transmission par rapport à l'étage supérieur, et mis vos rotateurs (les obliques) en étirement, donc sous tension.
Les avances en rotation s'obtiendront donc parce que les segments inférieurs seront animés d'une vitesse angulaire supérieure (cas de la construction des avances en rotation au disque) ou, parce que partant de dos (au poids), le bas fera un "face avant" alors que l'étage de transmission sera suffisamment relâché pour que le haut reste quelques temps encore orienté vers l'arrière.

Dans l'exemple du Poids, il n'y a pas à proprement parler de construction de prise d'avances en rotation car le lanceur est en fermeture complète à cause de son départ de dos. Il s'agira donc d'exploiter au maximum cette situation par une action très énergique de l'étage moteur (le face avant).
Les avances en rotation s'apprécient de n'importe quel point d'observation. Elles peuvent être mieux perçues par l'apprenant si, par exemple, il visualise sa ligne des épaules en y maintenant un bâton ou un javelot; la perception visuelle venant suppléer une sensation proprioceptive défaillante ou pas encore suffisamment affinée.

Les avances en translation commencent dès que le dernier appui droit passe en avant de la projection verticale du centre de gravité. Ceci aura lieu :

Au poids : Pendant le sursaut rasant, dès que le pied droit repasse sous la projection du C. de G.

Ci-contre, le pied passe pendant la suspension sous la projection verticale du C de G et se retrouvera en avance par rapport à celle-ci lors de la reprise d'appuis

Au disque : pendant le pivot amorti d'entrée dans la volte, dès que le pied droit passe devant le pied de pivot pour être propulsé vers le centre du cercle. Soit, sur cette photo dans un très court instant.

Au javelot : Il existe en fait une séries de prise d'avances, notamment dès le passage sur la marque de déclenchement. Ici le pied droit commence à acquérir la prise d'avance en translation qui ne deviendra maximum que lors du dernier "hop"

L'avance en translation commence donc par celle du pied droit par rapport au C. de G;
mais elle sera exploitée au maximum lors du double appui.

 

Pour les avances en rotation il s'agit de créer, soit avant la reprise du dernier appui droit, soit au moment de sa pose un décalage angulaire entre les différents étages, selon un axe oblique incliné d'avant en arrière puisque cette avance en rotation s'acquiert selon le grand axe du corps.

Dans le premier cas cela sera réalisé par une augmentation de la vitesse angulaire du train moteur (voir supra). Dans le second c'est l'action de l'appui droit qui engendrera le face avant du bassin grâce au point fixe gauche.

Au disque au poids et au marteau, où l'athlète part de dos, le problème consiste :
- Soit à créer la situation de prise d'avance (disque, poids, marteau), en évitant d'avoir la même vitesse angulaire pour les trois étages, puis à l'exploiter.
- Soit à l'exploiter à la reprise du dernier pied droit (au marteau) puisque tous les étages sont en fermeture les uns par rapport aux autres.

Au poids, lors d'un vrai lancer de dos (CF analyse descriptive du lancer du poids), la fermeture des épaules est pré-acquise et complète, il ne s'agit plus que de l'exploiter. A condition qu'il ne l'exagère pas, le lanceur peut, pendant le sursaut reprendre appui droit avec une avance angulaire d'environ 45° (soit en se trouvant à 135° par rapport à l'axe idéal du lancer, cas du pied droit sur la photo ci-contre), ce qui disposera d'autant mieux la chaîne osseuse de la jambe droite dans la direction où elle devra immédiatement travailler. Cette anticipation s'effectuant genou en flexion, cette légère rotation interne de la jambe n'amplifiera pas l'ouverture de la ligne des hanches qui est contrainte d'arrivée légèrement de profil à cause de la recherche du butoir par l'appui gauche On constate donc qu'à la reprise du double appui, le lanceur est très bien disposé pour exploiter au maximum la prise d'avance en rotation.

Au disque, l'entrée dans la volte met le corps en rotation, et le "serrer les genoux" va augmenter la vitesse angulaire du bas, permettant ainsi à l'étage moteur de prendre de l'avance sur le bassin qui lui-même sera en avance sur les épaules. Sur la photo ci-contre, la ligne qui réunit les deux talons est plus ouverte que la ligne des hanches, laquelle l'est encore plus que la ligne des épaules.

Au javelot, lors de la recherche du dernier double appuis, photo de gauche, l'athlète assume immédiatement le maximum de translation du bassin vers l'avant avant que le pied gauche n'ait le temps d'arriver au sol.
Dès l'arrivée du pied gauche, photo de droite, ce point fixe permettra alors au bassin d'accélérer son face avant sans que l'athlète n'agisse encore sur l'engin. D'où cette position en arc si caractéristique uniquement possible grâce au maintien de la main porteuse au-dessus de la ligne des épaules.

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