Principe de la force initiale

 

Il importe que des forces internes les plus élevées agissent pendant un temps très court, ou que des forces internes plus faibles puissent agir pendant un temps plus long sous réserve qu'elles puissent néanmoins maintenir une accélération finale égale à celle qui résultera de la mise en œuvre de forces relativement grandes.

Lorsqu'il s'agit d'agir sur le corps-engin, les différents segments moteurs permettent, la plupart du temps, de mettre en oeuvre le maximum de force interne dont dispose l'athlète.

 Lorsqu'il s'agit d'agir sur un engin, le rendement maximum passe par la mobilisation des bras de levier les plus longs le plus vite possible; à condition de pouvoir les mobiliser le plus vite possible, surtout au disque, au javelot et au marteau. N'oublions pas qu'au disque et au javelot le levier part de l'épaule opposée au bras lanceur (épaule gauche dans nos descriptions de lanceurs droitiers). Ce faisant, pouvoir mobiliser le plus rapidement possible le plus grand levier possible demande souvent une puissance énorme. C'est pourquoi on assiste souvent chez les débutants à une réduction du levier dont le point fixe, au lieu d'être à l'épaule opposée, est transféré à la colonne vertébrale.(observable dans ce cas précis : retrait de l'épaule gauche par rapport au plan frontal du lanceur).

Dans la plupart des lancers, et en tout cas dans toutes les phases de réalisation, l'organisation du geste devra suivre la loi proximo-distale qui veut que soient d'abord mis en œuvre les muscles forts et lents qui se trouvent à la racine des membres (proximo)(généralement des muscles monoarticulaire : qui ne franchissent qu'une seule articulation), puis les muscles faibles mais qui entraînent les déplacements segmentaires les plus rapides et qui se trouvent aux extrémités (distale) (muscles polyarticulaires : qui franchissent plusieurs articulations).

Remarques pédagogiques
Comme, dans au moins trois lancers sur quatre, l'espace moteur est réduit (poids, disque, marteau) le chemin d'impulsion le sera aussi, quoique dans ces trois lancers il soit successivement de plus en plus grand. D'où l'impérieuse nécessité d'appliquer des forces considérables dans un laps de temps très court d'abord au complexe lanceur - engin puis à l'engin. Cas exemplaire du lancer de poids.

Le poids est certainement l'engin le plus difficile à lancer compte tenu de son mode d'animation unipodale (style en translation), de l'espace dont on dispose et de la masse relative de l'engin par rapport au poids du corps. Le style en rotation, qui autorise un chemin de lancement plus long, est, pour d'autres raisons, bien plus difficile à maîtriser.

Le marteau, tout aussi lourd, dispose d'un chemin de lancement beaucoup plus long qu'au poids ce qui permet une accélération plus progressive et donc plus aisée.

La pratique scolaire du lancer de poids qui peut s'expliquer par une relative facilité de mise en œuvre collective n'est peut être pas le meilleur choix pédagogique compte tenu des moyens de réalisation qu'il requiert pour à la fois maîtriser la conduite et pour être performant. La majorité des élèves n'étant pas dotée des dits moyens à l'époque précoce où certains enseignants abordent ce lancer (5ème, voire 6ème)…d'où difficultés motrices, performance peu élevée et perte d'intérêt pour l'activité.

La physiologie musculaire nous apprend qu'une mise sous tension préalable favorise la contraction isotonique concentrique du muscle, à condition qu'elle soit créée dans certaines conditions d'amplitude et de charge compatibles avec une réponse optimum. C'est sur ce principe qu'est fondée la musculation dite pliométrique.

L'athlète aura donc à gérer un compromis lors du sursaut (poids), de la volte (disque) ou du double appui final (javelot) entre : une conduite qui lui permettra d'avoir une prise d'avance en translation maximum, et une reprise d'appui sollicitant ce principe de mise sous tension encore appelé compression-renvoi.. CF analyse descriptive de chaque lancer.

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